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Véca, découvreur de formes

Au début entre 2 rondes de nuit, un peu par défi, Vincent sculpte sa première tête d’humain dans un rondin de bois.

Sur “du temps perdu”, un maillet et des ciseaux à bois remplissent les longues veilles nocturnes d’un métier solitaire.

D’un boulot à un autre, il cherche à occuper son énergie et débute ses 20 ans de sculpture par des pièces modestes.

Puis, il s’attaque à des arbres entiers ! Normal quand on fait désormais profession d’élagueur.

8 ans de footing dans les cîmes font de lui un expert de la tronçonneuse.

Fidèle à la même marque depuis 10 ans, il ne change que de guide ; cette composante de la tronçonneuse qui “entraine la lame” étant à adapter à la taille de la branche.

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Au fil des troncs, le bucheron-poête se laisse tenter par la création de bustes ; les bustes forcément féminins d’un amoureux insatiable des formes voluptueuses.

S’il travaille dans ces débuts d’après photo, il se passe aujourd’hui de modèles quand il façonne des silhouettes toutes en courbes. Le jeu consiste à détourner les proportions, à suivre les lignes et noeuds du bois pour dessiner un corps.

Veca préfère les arbres bizarres car ce sont eux qui donnent les profils intéressants.

Les fruitiers, cerisiers, pommiers, sont ses favoris ; leur grain est plus fin, leur essence plus pure, leur couleur plus chaude.

Pour joindre à l’agréable l’utile, le sculpteur réalise également du mobilier.

Et là encore, ce sont les incongruités de la matière qui vont aider à faire naitre la pièce.

Prenez une souche, une loupe de frêne ; préfèrez celle qui a subi une dégénérescence du bois importante.

Si elle est tortueuse, nouée, attaquée, tourmentée… elle est pour lui qui en fera une assise, un guéridon, un piédestal.

Autre exercice de style, choisissez une pièce industrielle, mécanique ou usuelle.

Si elle résonne, si elle vrille, si elle se caresse, si elle luit, elle est sienne.

Bronze ou laiton, il la déclinera, fera acte de soudure, travaillera la torsion pour qu’elle soit agréable à son oeil.

Pas à un paradoxe près, alors qu’il aime le refuge caché de la forêt, Vincent se décide un jour de 2009 à tenter l’aventure collective d’un atelier à Centrale 7.

Encore un peu étonné de s’y plaire, il y fait voler les copeaux dès le petit jour.

“Il faut que ça tourne, que ça usine.”

Son regard affuté continue à chercher la pièce qui va l’emballer.

Il dit vivre pour cela, pour cet instant d’harmonie avec la matière quand elle lui confie son désir de sculpture.

Pour découvrir un extrait de son travail en images, cliquez ici

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